septembre 2011
30 billets
Lee Moses - Bad Girl (Part 1)
Lee Moses - Bad Girl (Part 2)
Parce qu’on a tous vu cette horrible bande-annonce pour L’apollonide et que tout d’un coup on s’est tous dit “Putain mais c’est quoi ce morceau, IL ME LE FAUT!”, le voici, le voilà, en qualité maximale, coupé en deux comme sur le LP, parce que c’est comme ça, parce qu’on est des putain de puristes ici.
Ne me remerciez pas.
Jamais je n’ai fermé les yeux
malgré les vertiges sucrés des euphories
même quand mes yeux sentaient le roussi
ou en butte aux rafales montantes des chagrins
Car je trempe jusqu’à la moelle des os
jusqu’aux états d’osmose incandescents
dans la plus noire transparence de nos sommeils
Tapi au fond de moi tel le fin renard
alors je me résorbe en jeux, je mime et parade
ma vérité, le mal d’amour, et douleurs et joies
Et je m’écris sous la loi d’émeute
je veux saigner sur vous par toute l’affection
j’écris, j’écris, à faire un fou de moi
à me faire le fou du roi de chacun
volontaire aux enchères de la dérision
mon rire en volées de grelots par vos têtes
en chavirées de pluie dans vos jambes
Mais je ne peux me déprendre du conglomérat
je suis le rouge-gorge de la forge
le mégot de survie, l’homme agonique
Un jour de grande détresse à son comble
je franchirai les tonnerres des désespoirs
je déposerai ma tête exsangue sur un meuble
ma tête grenade et déflagration
sans plus de vue je continuerai, j’irai
vers ma mort peuplée de rumeurs et d’éboulis
je retrouverai ma nue propriété
J’ai recontré celui, j’ai rencontré celle.
C’était la pluie, le jour. Et j’ai vu leurs reflets, ces réflexions. À travers le rideau.
J’ai vu le fond de leurs yeux, l’arrière de leur tête. Je sais. Je sais ce qu’il y a dedans.
C’était une nuit sèche, je me suis vengé. Je voulais faire donner, faire rendre.
Et puis, ça a recommencé, le mal. Eux là, incapables.
Qui vaut ? Pour qui valoir ?
Malcolm McLaren, Catherine Deneuve & Françoise Hardy - Jazz is Paris
James Blake: Not Long Now - Stream
(Radio rip)
Toute discorde et toute erreur viennent de ce que les hommes cherchent leur élément commun en eux, au lieu de le chercher dans les choses derrière eux, dans la lumière, dans le paysage au début et dans la mort. Ce faisant, ils se perdent et n’y gagnent rien en échange. Ils se mélangent faute de pouvoir s’unir. Ils se tiennent l’un à l’autre sans pourtant parvenir à assurer leur pas, car ils sont tous deux titubants et faibles ; et à vouloir ainsi se soutenir l’un l’autre ils épuisent toute leur force, au point de ne pouvoir pas même pressentir, tournés vers le dehors, le son que fait une vague.
(go tell fire; reprise)
++this cut was always meant to end Go tell fire to the mountain, trail in after heavy pop fades. But we couldn’t figure it right; took 10 months of perspective to conclude, Elle rearranged and recorded it last night after repeatedly taking fists to the face, moments of clarity, gimmie 14 hail marys every morning baby because I’m a sinner
Alberto Moravia - “Je dirais ceci: qu’une croyance qui a été acquise par l’usage de la raison et par l’observation précise de la réalité est suffisamment souple pour ne jamais causer d’indignation. Alors qu’une croyance qui est reçue, sans analyse sérieuse de la raison pour laquelle elle a été reçue, acceptée par tradition, par paresse, par éducation passive est un conformisme.”
Pier Paolo Pasolini - “Le conformisme comme certitude têtue des incertains.”
Là-bas au fond du jardin, profond comme un long breuvage,
sans bruit dans le tendre buisson, un essor qui s’évanouit.
Ah, et la lune, la lune, les bancs fleurissent presque
à son approche hésitante.
Calme, et combien pressante. Là-haut, es-tu maintenant éveillée ?
Pleine d’étoiles et sensible, la fenêtre te fait face.
Les mains des vents amènent
sur ton visage proche la nuit la plus retirée.
Comme le vent du soir
sur les faux que les moissonneurs ont à l’épaule,
l’ange va doucement
sur le tranchant innocent des douleurs.
Il se tient des heures durant
aux côtés du cavalier ténébreux,
il va du même pas
que les sentiments sans nom.
Il se dresse comme une tour au bord de la mer
disposés à durer, infiniment ;
ce que tu sens, c’est Lui,
malléable au plus profond de l’inflexibilité,
afin que dans le roche de détresse
la druse étroite des larmes
où il n’y a plus d’eau depuis longtemps
se résolve en améthystes.
Au coeur de la nuit, je veux m’entretenir avec l’ange,
lui demander s’il reconnaît mes yeux.
S’il demandait soudain: vois-tu l’Éden ?
il me faudrait dire alors: l’Éden est en feu
Je veux élever ma bouche jusqu’à lui,
insensible comme celui qui ne désire rien.
Et si l’ange parlait ainsi: que pressens-tu de la vie ?
il me faudrait dire alors: la vie se consume
S’il trouvait en moi cette joie
qui devient éternelle en son esprit, -
et qu’il la prît, l’éleva dans ses mains,
il me faudrait dire alors: la joie est folie
Le ciel, grand, plein de retenue splendide,
une provision d’espace, un excès de monde.
Et nous, trop loin pour nous laisser façonner,
trop près pour nous en détourner.
Là-bas, une étoile tombe ! Et notre désir à la voir,
d’un regard bouleversé, rivé à elle et pressant:
Quelles choses ont commencé et lesquelles disparus ?
Quelles choses sont coupables ? Et lesquelles pardonnées ?